Alors que j’entendais, mardi matin, narrer à la radio l’échauffourée entre policiers et dealers réglée à la kalachnikov, puis les interviewés se plaignant du mode sans foi ni loi des braqueurs d’aujourd’hui, alors qu’hier, les mafieux réfléchissaient avant de dézinguer… je m’étonnai que personne n’en vienne à se demander pourquoi les choses avaient ainsi dévié.
Pourquoi, aujourd’hui, la violence est là d’emblée tandis que la vie de l’autre semble ne plus rien représenter et qu’on la lui retire sans rien négocier. Pourquoi les voyous dégainent et cassent du flic, alors qu’avant il y aurait eu une sorte de « code » parmi les malhonnêtes.
Je ne peux m’empêcher de penser que lorsqu’on est élevé au jeu vidéo agressif et sanglant, à la télé qui joue essentiellement des séries policières entre voyous et policiers, meurtres, sexe tarifé ou organisé et manipulations avariées, on n’est bon qu’a reproduire. À moins de faire un gros effort pour distinguer la réalité de la fiction, la haine entretenue au tube cathodique de l’indispensable respect que l’on se doit comme on le doit à l’autre, mais c’est sans doute moins « bandant » ou moins stimulant de l’endorphine que de se sentir maître du monde le doigt sur la gâchette.
Jacques Brodeur étudie la violence pour la prévenir. Il pose que les divertissements violents sont partie prenante de la hausse de la violence :
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