Cycle professionnel « Action culturelle et relations aux publics »
Je reçois un mail annonce de cette formation, sous cet intitulé précis. Et je m’agace. Pourquoi ?
Parce que « les publics », ça n’existe pas. Pourtant, pas une réunion culturelle ou interculturelle qui ne mentionne « les publics » — sans jamais les définir du reste. Pas un acteur culturel qui ne lâche l’expression dans une conversation.
public, ique adjectif et nom masculin.
*adjectif.
1. Qui appartient à tous, qui concerne la collectivité. Bien, intérêt public. Danger public. Opinion publique. (Personnes.) Homme public, qui exerce une fonction officielle. Vieilli.Fille publique : prostituée. Écrivain public.
2. Qui appartient à l’État, qui est du domaine de l’administration. Édifice public. Affaires publiques. Autorité publique : ensemble des gouvernants d’un État. Charges publiques : impôts.
3. Qui est à la disposition de tous, ouvert à tous. École publique. La séance est publique.
4. Qui est connu de tous; qui n’est pas tenu secret. La nouvelle a été rendue publique. Scandale public.
*nom masculin.
1. Le public : l’ensemble de la population. Servir l’intérêt du public. Avis au public.
2. Ensemble de lecteurs, de spectateurs. Le public a été sévère pour ce roman. Film apprécié du grand public, de la majorité des spectateurs. Ensemble de personnes présentes à un spectacle, à une manifestation, etc. Le public a sifflé. Loc. En public : devant tous. Parler, se ridiculiser en public.
Après la lecture de cet extrait de l’encyclopédie multimédia qui est l’alliée de mon clavier informatique, je pose que le langage confond « les spectateurs » avec « le public ».
spectateur, trice nom.
Personne qui est témoin d’un spectacle (1), qui assiste à un spectacle (2) ou à une compétition, à une cérémonie, etc.
Alors, toute la nuance entre le public et les spectateurs tiendrait là : le public représente l’ensemble de la population (il ne peut donc y avoir « des » publics puisque qu’on a déjà tout le monde…) face à ceux qui sont témoins d’un spectacle (qui peuvent être catégorisés autant que de besoin puisqu’ils sont indéfinis).
Le public c’est le collectif, le un pour tous, c’est ce qui concerne le peuple. On ne dit pas les peuples ont plébiscité ce spectacle mais bien le peuple, le public a plébiscité…
http://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_public
Une telle formation pourrait s’intituler : Réflexion culturelle et relations aux spectateurs. C’est vrai, pourquoi faut-il toujours être dans l’action ? Autant réfléchir et ne pas propager le culte de la puissance virile de l’action qui peut prendre bien plus de valeur et de profondeur en devenant la réflexion. Agir (action) plutôt que de réfléchir (création)…
Action culturelle (à condition d’avoir réfléchi avant d’agir) et relations aux spectateurs, ce qui pourrait laisser croire que les relations auraient lieu après le spectacle (on n’est spectateur que si on est « témoin »), ou alors … relations aux gens (mais là évidemment, ça fait un peu les « gens de maison », ça sonne moins bien !). Relation aux publics sonne comme relations publiques. Ce n’est pas la même chose dont il est question loin s’en faut.
Les relations publiques, qui se sont appelées « relations externes », font partie de la stratégie de communication des entreprises et des administrations. Complémentaires des actions publicitaires et de l’ensemble des facteurs constituant l’identité que l’on veut faire connaître (image de marque), elles répondent le plus souvent à des objectifs de communication institutionnelle.
Souvent réduites, dans les représentations communes, aux réceptions alliant hôtesses et petits-fours, elles visent à valoriser l’image générale de l’entreprise ou de l’organisme, ou à faire passer un message spécifique. (…)
Il ne peut donc pas s’agir non plus de relations publiques puisqu’elles sont à visée institutionnelle.
Alors, je plonge dans le programme de formation et je lis :
« (…) Qui sont les publics ? Comment les appréhender ? Comment les fidéliser ? Quelles sont les expériences menées en matière d’action culturelle ? Comment interroger les pratiques culturelles ? Quels nouveaux publics ou nouveaux territoires à conquérir ? Quelles sont les transformations majeures en cours en matière de pratiques culturelles ? (…)
Formes et objectifs de l’action culturelle
- Public ou spectateur ? (…)
- …
Et je comprends la confusion. Les publics étant devenus des territoires ou assimilés, c’est avec le mot « citoyen » qu’il faudrait réécrire l’intitulé de formation : « Réflexion culturelle et relations aux citoyens ». Voilà qui en plus remettrait la culture au cœur de la cité, et l’artiste, alors l’art tant qu’on y est. Parce que art et culture, c’est très différent ! L’art inclut la notion de création et si la culture comprend l’art, il faudrait aujourd’hui qu’elle ne l’oublie pas… au profit du seul spectacle et de l’unique principe de consommation.