juin 2013

Mon nouveau blog est en ligne depuis quelque temps (merci André pour ton génie technique !).

Le lien vers ses pages : heleneduffau.fr

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14 juillet 2012 : Dernier épisode.

Pendant plus de sept ans, j’ai tenu le Journal de la moderne tyrannie, ce blog, lieu de partage de ma compréhension de l’époque, des rencontres que la vie m’a permis de réaliser et que j’ai eu envie de relater. Tentative de donner en partage, relais d’informations d’autres, passage culturel…

Le Journal de la moderne tyrannie s’est fondé sur un haut-le-cœur. Celui généré par les politiques et les journalistes en connivence après le non majoritaire exprimé par les français au référendum sur la constitution européenne. C’était en mai 2005. Un non qui a poussé les « dirigeants » de tout faire pour passer en force les idées néolibérales dont la population française ne voulait pas.

Aujourd’hui, le journal se met en veille. Prochainement, je mettrai hors ligne les informations diverses qui ont été relayées dans ces pages et laisserai à la lecture les articles que j’ai écrits. Les enquêtes menées, les réflexions en partage, les coups de gueule aussi.

Les travaux qui sont les miens me demandent du temps et je prends le loisir dorénavant de leur en donner :

- des livres sont avancés, à la relecture avant d’être transmis aux professionnels ; d’autres sont entamés et je souhaite dorénavant écrire hors ligne pour donner régulièrement aux éditeurs des textes à publier, aux lecteurs des histoires à partager ;

- Graphites, opérateur culturel littéraire que je codirige, prend de l’ampleur. Écrire l’Europe, lancé cette année auprès de trois établissements, s’avère un succès, tant pour les élèves participants que pour les enseignants et les auteurs impliqués. Des prescripteurs nous contactent pour accompagner leurs besoins, nous recherchons financements publics et mécénats pour proposer une nouvelle saison d’action culturelle littéraire ;

- la rentrée me verra enseigner à la faculté du Mirail pour les étudiants du master Métiers de l’écriture et de la création littéraire, ceux de la licence professionnelle édition ;

- des modules de formation continue en communication écrite à écrire et à conduire auprès de professionnels ;

- des propositions d’ateliers d’écriture, des programmes à inventer, des sessions à animer.

Et comme je ne sais pas être partout tout en travaillant de façon conséquente, je me retire de ces pages pour prendre le calme de la discrétion.

Il me semble par ailleurs que j’ai analysé ce qui avait à l’être dans ces pages, qui conservent du grain à moudre et des idées à partager de façon publique et ouverte à tous ceux qui bénéficient d’une connexion.

En dernier relais d’information, un message de Kokopelli qui arrive ce matin dans ma boîte relayé ci-après. Il a souvent été question de cette association dans ces pages, véritable village gaulois face à l’industrie semencière et son puissant lobbying. Si le néolibéralisme et ses armées d’avocats n’ont de cesse d’obtenir les faveurs des politiques et de la justice, il me semble indispensable de soutenir la résistance de terrain.

La Biodiversité sacrifiée sur l’autel de la productivité

La cour de justice de l’Union européenne désavoue Kokopelli et son avocat général

La Cour de Justice, par sa décision rendue aujourd’hui dans l’affaire Kokopelli c. Baumaux, vient de donner un satisfecit intégral à la législation européenne sur le commerce des semences.

Pourtant, le 19 janvier dernier, son Avocat Général nous donnait entièrement raison, en estimant que l’enregistrement obligatoire de toutes les semences au catalogue officiel était disproportionné et violait les principes de libre exercice de l’activité économique, de non-discrimination et de libre circulation des marchandises. (V. ses conclusions)

Ce changement de cap absolu ne manque pas de nous surprendre et de nous interroger.

La Cour, aux termes d’une analyse étonnement superficielle de l’affaire, et d’une décision qui ressemble plus à un communiqué de presse qu’à un jugement de droit, justifie l’interdiction du commerce des semences de variétés anciennes par l’objectif, jugé supérieur, d’une « productivité agricole accrue » !

L’expression, utilisée 15 fois dans la décision de la Cour, consacre la toute puissance du paradigme productiviste. Ce même paradigme, qui avait présidé à la rédaction de la législation dans les années soixante, a donc encore toute sa place en 2012. La biodiversité peut donc être valablement sacrifiée sur l’autel de la productivité.

Cela fait 50 ans que cela dure et le fait que ce raisonnement nous ait déjà amenés a perdre plus de 75% de la biodiversité agricole européenne n’y change donc rien. (V. les estimations de la FAO)

Si la Cour mentionne les dérogations supposément introduites par la Directive 2009/145 pour les « variétés de conservation », son analyse s’arrête à la lecture des grands titres. Comment les juges n’ont-ils pas voulu voir que les conditions d’inscription des variétés de conservation, dans la réalité, étaient restées pratiquement identiques à celles du catalogue officiel normal [1]? Le critère d’homogénéité, par exemple, particulièrement problématique pour les variétés anciennes, ne connaît aucune modération.

La Cour n’a-t-elle pas lu les témoignages de nos collègues européens, déjà confrontés à des inscriptions impossibles de leurs semences sur cette liste ?

Cette directive est un véritable leurre, que Kokopelli et tant d’autres organisations européennes ont déjà dénoncé, et ne vise pas à permettre la commercialisation des variétés anciennes ni même à conserver la biodiversité semencière.

De plus, cette biodiversité, qui a nourri les populations européennes pendant les siècles passés, est l’objet de la plus grande suspicion. La Cour va ainsi jusqu’a écrire, par deux fois, que la législation permet d’éviter « la mise en terre de semences potentiellement nuisibles » !

Cette remarque est totalement erronée puisque, comme l’avait justement relevé l’Avocat Général, l’inscription au Catalogue ne vise pas à protéger les consommateurs contre un quelconque risque sanitaire ou environnemental, auquel la législation ne fait même pas référence !

Cette remarque, surtout, est choquante, quand on pense que les semences du Catalogue, enrobées des pesticides Cruiser, Gaucho et autres Régent, ou accompagnées de leur kit de chimie mortelle, empoisonnent la biosphère et les populations depuis plus de cinquante ans !

Le lobby semencier (European Seed Association), qui a pris le soin, pendant le cours de la procédure, de faire connaitre à la Cour son désaccord avec l’avis de l’Avocat Général, se réjouit, dans tous les cas, de cette totale convergence de vues avec la Cour. (V. son communiqué et sa lettre adressée à la Cour.)

Nos adversaires directs dans cette procédure, c’est-à-dire la société Graines Baumaux, mais aussi la République Française, le Royaume d’Espagne, la Commission Européenne et le Conseil de l’UE, doivent également s’en frotter les mains.

Avec cette décision, les masques tombent : la Cour de l’Union Européenne est, elle aussi, au service de l’agriculture chimique mortifère et de son idéologie corruptrice.

Et Kokopelli, au contraire de tout ce qui a pu se lire ces derniers mois, n’a aucun intérêt convergent avec Monsanto et autres semenciers-chimistes. Ces craintes exprimées par certains n’étaient qu’élucubrations fantaisistes, voire malveillantes, à l’égard de l’association.

Mais tout cela se comprend par l’examen du contexte dans lequel prend place cette décision : en Europe, une réforme générale de la législation sur le commerce des semences est en cours. La procédure est placée sous le haut parrainage de l’industrie semencière. Les associations de sauvegarde de la biodiversité, petits producteurs, paysans et jardiniers passionnés, qui, à travers toute l’Europe, conservent clandestinement plus de variétés oubliées que tout ce que le catalogue des variétés appropriées n’en pourra jamais contenir, n’ont pas été invitées à la table des négociations…

Verra-t-on, dans ce cadre, le législateur européen redéfinir ses priorités ? Les semenciers veilleront à ce que cela ne soit pas le cas.

La France, dans ce cadre, joue un rôle particulier. Le Ministère de l’Agriculture a dépêché l’une des collaboratrices du GNIS [2], Mme Isabelle Clément-Nissou, auprès de la Commission Européenne (DG SANCO), afin de rédiger le projet de loi ! Mais les conflits d’intérêt, inadmissibles, ne semblent choquer personne au niveau des institutions européennes…

Ainsi, l’étau se resserre et les perspectives pour la biodiversité n’ont jamais été aussi sombres.

Et l’Association Kokopelli, qui depuis 20 ans veille avec passion à la préservation du patrimoine semencier européen, bien commun de tous, sans la moindre subvention publique, pourrait donc bien disparaître demain, car son activité, qui gêne l’une de nos sociétés commerciales les mieux installées, ne présente pas d’intérêt pour une « productivité agricole accrue ». Cette décision nous sidère, autant qu’elle nous indigne.

Plus que jamais, Kokopelli a besoin du soutien moral de la population. Car il n’est pas admissible que les variétés anciennes, héritage de nos grands-parents, soient interdites de cité !

Nous en appelons également à notre gouvernement. La gauche, sous les précédents gouvernements de droite, nous a dit pouvoir compter sur son soutien à de nombreuses reprises. Il est temps maintenant qu’elle transforme ses promesses en actes (en commençant par retirer son mandat à Mme CLEMENT-NISSOU) !

Kokopelli, le 13 juillet 2012.

Ce que nous voulons, sur le plan législatif et réglementaire

Le Catalogue officiel actuel est le pré-carré exclusif des variétés protégées par des droits de propriété intellectuelle, hybride F1 non reproductibles. Qu’il le reste.

Nous voulons que les semences anciennes et nouvelles appartenant au domaine public et librement reproductibles sortent du champ d’application de la législation sur le commerce des semences.

Il n’existe pas de catalogue officiel obligatoire pour les clous et les boulons. Il n’y a pas de raison de soumettre les semences à une procédure préalable de mise sur le marché, comme les pesticides ou les médicaments, pour les cataloguer dans un registre.

Des objectifs de qualité et de loyauté dans les échanges commerciaux peuvent être aisément atteints par un règlement de base fixant des critères minimums en termes de qualité sanitaire, faculté germinative, pureté variétale et pureté spécifique.

Que demande la société Graines Baumaux ?

Notre adversaire devant la Cour d’Appel de Nancy demande la condamnation de Kokopelli à lui payer 100.000 €uros de dommages-intérêts, ainsi que la cessation de toutes les activités de l’association. Pour information, au 30 juin 2011 la société Baumaux avait un chiffre d’affaire annuel de 14 millions d’€uros et un résultat net de 2 millions d’€uros.

[1] La directive 2009/145 prévoit que les critères de distinction et de stabilité sont laissés à la discrétion des Etats membres et que, par contre, «pour l’évaluation de l’homogénéité, la directive 2003/91/CE s’applique» : art. 4 §2

[2] Le GNIS représente les semenciers professionnels en France et dit officiellement «défendre les intérêts de la filière semence» – V. son site Internet

 

 

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28 mai 2012 : Cinéma.

Récent film de David Cronenberg, Cosmopolis est sombre, froid et inégal.

Son personnage principal est un businessman de 28 ans (comme Mark Zuckerberg de Facebook), faiseur d’argent avec de l’argent dont la crânerie et le cynisme sont parfaitement irritants. Mais la morgue ne fait pas long feu sous les traits d’un acteur désincarné qui ne donne aucune profondeur audit personnage. Le même ton, le même regard — sauf quelque lumière au fond de l’œil dans les scènes de sexe — du début à la fin du film… un grand rôle de composition, donc.

On appréciera le bureau limousine, parfaitement moderne et à la pointe technologique — quelques précisions techniques sur la façon de rallonger une limousine blindée… — dont on sort si peu que le décor devient un brin étouffant.

À mesure que le film avance, le chaos gagne la ville, ce que le spectateur suit à travers les vitres de la limousine. Qu’importe car notre héros n’a strictement rien à faire des rats de l’extérieur. Il est en train de perdre des millions de dollars en bourse, ce qui finit par le rendre complètement timbré, en quête de toujours plus de sensations fortes, sexuelles ou armées.

Casting impressionnant et platitude générale, dialogues décalés et abscons. Bref, on s’ennuie ferme, malgré la métaphore sur l’époque que nous connaissons dont la morale dirait la fin du néolibéralisme par l’annulation de ceux qui le font.

Moonrise Kingdom est un film génial, inventif et parfaitement divertissant. Là encore, tout finit bien et les méchants ne sont pas si terribles finalement. Casting dément pour un réalisateur dont les plans tournent les sens et interpellent les habitudes cinématographiques.

Le film raconte une histoire de jeunes adolescents en quête de rupture. Leur monde n’est pas à leur mesure aussi décident-ils de vivre l’aventure de leur vie — et l’amour qui les accompagne — loin des familles officielles ou d’adoption.

L’action se déroule en septembre 1965, mois et année de ma naissance alors, évidemment, je suis touchée.

Il me semble que derrière ses apparences légères, Moonrise Kingdom dit des choses profondes dont l’étrangeté de se sentir « différent », la nécessité de cultiver ses sens — avec son intelligence —, le besoin d’aventure qui se fait jour et qui porte certains à vivre à tout prix ce dont ils ont envie, la quête d’un monde idéal…

Je ne suis pas certaine, en revanche, de me souvenir au long cours de cette histoire un peu foutraque.

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27 mai 2012 : Ah ! Taubira, ça ira, ça ira…

Dans les pages blog de Mediapart, un article édifiant.

Ah! Taubira, ça ira, ça ira…

26 Mai 2012 Par christian salmon

A la veille de l’élection de F. Mitterrand en 1981, la droite agitait le spectre des chars russes sur les Champs Elysées. En 2012, l’URRS ayant disparu, il fallait bien trouver un diable de substitution pour effrayer les petites gens. La droite l’a trouvé en la personne de Christianne Taubira. Pourtant s’il y a une nomination dont on devrait se féciliter, c’est bien celle de la nouvelle garde des sceaux. D’abord parce que la comparaison s’impose avec Rachida Dati qui l’a précédé place Vendôme: diversité de papier glacé contre diversité de combat, le combat de toute une vie. Ensuite parce que les premiers gestes politiques de Taubira sont de clairs indices d’un changement de paradigme politique. Sur le harcèlement sexuel, la suppression des tribunaux pour adolescents, ils vont à l’encontre de la doxa sécuritaire qui empoisonne l’esprit public depuis dix ans. La droite ne s’y est pas trompée. Jean François Copé a prévenu l’électeur égaré: « Quand on vote front national on a la gauche et on a Taubira »… Déclaration pour le moins ambigüe sur laquelle on aimerait bien qu’il s’explique.  (…)

 

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23 mai 2012 : Femmes dans la tourmente aux Etats-Unis.

Dans près de trente Etats, des projets de lois anti-IVG et/ou contraception menacent les droits des femmes. Militantes et élues démocrates ripostent avec humour.

 

 

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22 mai 2012 : Du côté de Grenoble, parmi les ministres nouveaux.

Relayé par Frédéric B. que je remercie vivement, un article du Postillon grenoblois concernant la nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche. Édifiant et consternant à la fois.

« Voilà donc comment, au quotidien, Geneviève Fioraso™ invente le socialisme de demain. Un socialisme non-idéologique, où les élus n’ont plus peur de s’afficher avec les patrons et d’accéder à toutes leurs demandes. Un socialisme pragmatique où la quête de la justice sociale et de la protection de l’environnement sont portés par la fuite en avant technologique. Un socialisme moderne, où l’on accepte la compétition mondialisée entre les peuples et la guerre économique de tous contre tous. Un socialisme efficace, où la volonté d’améliorer le sort des hommes se résume au développement de prothèses technologiques en tous genres. ( …) »

——————————–

Et puisqu’on est à Grenoble, des informations relayées par Pièces et main-d’œuvre :

A quelque chose, malheur est bon. Un aspect positif de la  nucléarisation du monde réside dans l’essor d’un secteur prospère de

l’édition, consacré à sa critique. Des milliers de livres publiés et re-publiés afin que nul ne puisse dire qu’il ne savait pas, quand on

lui avait bien dit. Le crime accompli, ces milliers de livres restent utiles à sa compréhension; qui sont les criminels, les coupables, les

complices, les témoins passifs, plus ou moins, les victimes; ce que les nucléocrates nous ont à jamais imposé et comment; ce qui reste encore à faire, sachant que contrairement à une escroquerie répandue par des manipulateurs « associatifs et citoyens », il n’est désormais plus possible de « sortir du nucléaire ».

Près de 250 000 tonnes d’ordures radioactives pour 10 ou 100 000 ans. Leur volume, leur létalité et leur péril croissent chaque jour. Il faudrait au moins alerter nos éventuels descendants de l’effroyable héritage qui leur est légué sans possibilité de refus. Impossible aussi, comme l’explique Marion Lantoine dans « L’indicible éternité de la mort nucléaire » ( à lire ici : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=369 ).

Les fossoyeurs qui nous enfouissent sous leurs montagnes de poison doivent s’avouer incapables de créer les signaux de danger adéquats, à l’usage des « générations futures ».

A quoi bon, dira-t-on, ces constats catastrophistes: Le nucléaire ni la mort ne se peuvent regarder fixement. Sans doute, mais quand leur  rayonnement nous éblouirait, nous garderions sur les regards fuyants des faux aveugles l’avantage des yeux ouverts. Travaillons-donc à bien regarder. Voilà le principe de la résistance.

Merci de faire circuler,
Pièces et main d’œuvre

Nous devons une autocritique et des excuses à nos lecteurs : nous avons commis un crime de lèse-prolétariat. Dans deux libelles récents sur la défense du cancer français [1], nous nous sommes permis, avec notre arrogance d’intellectuels et de déserteurs coupés des masses, d’attaquer l’emploi, la croissance et le PVC, un magnifique produit universellement répandu dans les objets de notre vie quotidienne ; et si précieux pour les salariés, les consommateurs, leurs familles – et bien sûr l’industrie du cancer.

Heureusement, la classe ouvrière, comme toutes les catégories opprimées, a des ventriloques, des souteneurs qui savent la faire parler et parler en son nom : hauts-parleurs du Front de Gauche, hauts-parleurs médiatiques, stratèges du « Retour à l’usine » et de « L’industrie, socle de la puissance » (Le Monde diplomatique, mars 2012). Leur discours ? Les ouvriers n’ont pas le choix, ce sont des victimes, en particulier du chômage de masse et de la précarité, des irresponsables, il est indécent de leur parler des nuisances de leur activité salariée sans leur proposer d’alternative. Les souteneurs font leur pelote sur le dos de leurs protégés et de leur cause qu’ils prostituent, c’est la règle.

Parce que nous voulons conserver une autre idée de la classe ouvrière, parce que nous croyons ses membres doués de libre-arbitre, de dignité, de volonté (qu’ils savent manifester pour défendre les pires secteurs d’activité), de capacité de révolte et d’aspiration à l’autonomie, nous leur faisons crédit d’une responsabilité qu’ils doivent assumer. Beaucoup ont déserté la boîte, plutôt que de collaborer. Nous nous reconnaissons dans ceux-là, dans cette désertion à la fois morale et politique. Il ne manque que le nombre pour que cela crève les yeux des plus aveugles souteneurs.

Dans ces pages, nous rendons au PVC et à ses apologistes tout ce qui leur appartient. À vrai dire, nous n’avons pas cessé de le faire depuis 2002 – date du transfert du phosgène de Toulouse à Grenoble, après l’explosion d’AZF [2]. Dans un fielleux pamphlet de 2004, consacré à la fermeture de l’usine Atofina de Brignoud (Du crabe dans l’Isère), nous disions déjà : « quoi qu’on fasse avec du PVC, ça ne vaut pas le foie d’un homme » [3]. On voit que nous sommes endurcis dans la calomnie, jusqu’à nos plus récentes dénonciations des nanotubes de carbone – produits par Arkema – qui préparent la prochaine vague de cancers. Logique, puisque le cancer et les maladies neurodégénératives sont le produit de la société industrielle que nous combattons, entre autres pour ce motif. (…)

Pour lire la suite : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=366

Merci de faire circuler,
Pièces et main d’œuvre

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12 mai 2012 : Lettre ouverte au nouveau président de la République française.

Monsieur,

Depuis des mois, vous êtes sur la sellette. Depuis des mois vous paradez. Tentez de vous montrer le mieux à même d’assumer la fonction dite suprême, celle de chef de l’État français. Tentez de convaincre que vous êtes l’homme idéal.

Depuis des mois, vous et vos proches en politique avez collecté de l’argent — des sommes colossales — pour financer votre campagne et les images officielles de celle-ci. Depuis des mois vous avez joué de la rhétorique avec le camp adverse — les camps adverses. Votre programme et ses propositions passées au tamis d’experts — on ne sait qui les a désignés « experts » — qui tendent à faire la pluie et le beau temps de l’opinion publique.

Depuis des mois l’ensemble de la classe politique caracole pour obtenir la première place. Pour gagner — on est les plus forts. Pour gouverner dès lors, puisqu’il s’agit de cela et que cela semble être la motivation supérieure.

Gouverner, d’après mon dictionnaire Robert, consiste à « diriger les affaires publiques d’un État, détenir et exercer le pouvoir politique et le pouvoir exécutif ; c’est aussi administrer, gérer ».

Gouverner, détenir le pouvoir ne signifie pas avoir une vision pour son pays. Un projet fédérateur. Un programme qui rassemble et porte les Français à faire société. À œuvrer ensemble pour le collectif…

De joutes verbales en slogans de campagne, de bilans en promesses, de projections en transmissions, vous avez répété, asséné, défendu et convaincu, puisque vous voilà élu.

Cependant quelques questions me semblent en suspens aujourd’hui :
- qui détient réellement le pouvoir en France : l’Union européenne, les banques d’affaires, les entreprises internationales… ?
- de quelle marge de manœuvre dispose le chef de l’État français, compte tenu de la crise de la dette qui pèse sur l’Europe et contraint sévèrement les ambitions ?
- cette campagne est-elle un subterfuge tendant à faire accroire que la France demeure un pays démocratique alors que les décisions y sont prises sans concertation — ni consultation — avec les citoyens ?
- de quels « retours d’ascenseur » vont bénéficier ceux qui ont financé la campagne ?

J’ai fait le rêve qu’un président serait, en France, capable de relever le défi de ce début de 21e siècle. Un défi consistant à remettre en question un modèle économique barbare et avide de pouvoir comme de richesse. À analyser les travers du néolibéralisme pour être capable d’en extraire le meilleur — si tant est que quelconque « meilleur » existe dans ce modèle. À anticiper la fin des matières premières fossiles en stimulant la réinvention d’une société frugale de partage, de solidarité et de responsabilités partagées — car, si nous consommons sans compter, nous contribuons à aggraver l’épuisement de la planète et de ceux qui y vivent.

J’ai fait ce rêve et je souhaite que l’équipe prochainement nommée soit assez forte pour se méfier des sirènes du pouvoir. De la complaisance qu’il draine vers certains tandis que d’autres sont pointés du doigt. Que les futures et futurs ministres tiennent bon face aux lobbies et autres groupes de pression — je pense d’emblée à ceux des pesticides qui empoisonnent le sol et le sang — qu’ils sachent dire non, proposer d’autres solutions, accompagner vers le changement ceux qui résistent encore, par peur de manquer — d’argent ? la bourse ou la vie ? — peur de changer d’état d’esprit, tout simplement.

Alors, je souhaite que la nouvelle équipe se tienne au courant, au plus près. Pas depuis de seules sphères de pouvoir, de personnes fortunées, des quelque 1% de happy few qui mettent à mal le monde et ses habitants pour leur profit égocentré, narcissique et dévastateur. Que les ministres de demain se cultivent, s’ouvrent à tous les domaines dont ils ne connaissent rien — qui, parmi eux, connaît la réalité d’un maçon, celle d’une infirmière libérale, celle d’une domestique à domicile, d’une écrivaine cumulant les fonctions ? Je souhaite qu’ils soient capables de sortir de leurs croyances et de leurs représentations pour comprendre ce qui se joue pour tous ceux qui se tiennent à distance des sphères dites d’influence, et qui pensent, analyse leur monde, avec beaucoup de lucidité.

Je souhaite que le nouveau gouvernement dynamise ce pays fatigué aux anti-dépresseurs, stimulé aux psychotropes. Ruiné par le renflouement des banques systématiquement affamées.

Et qu’ensemble, grâce à l’intelligence mise au service du collectif, une société de la « renaissance » fasse son chemin en Europe.

Et comme il se dit dans La Guerre des étoiles : La force est avec vous !

Précédente lettre au président dans les pages du journal le 5 janvier 2009.

 

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11 mai 2012 : Les perles du web.

Merci à Claire G. pour le passage d’information.

Un lien vers le site d’une jeune femme talentueuse dont le film d’animation à voir ici me touche particulièrement.

 

 

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5 mai 2012 : Abrogation de la loi sur le harcèlement sexuel.

Une régression qui ne pouvait pas mieux tomber compte tenu de la récente plainte pour harcèlement sexuel dans la marine française largement médiatisée. Chez Marianne en ligne : Une plainte pour harcèlement sexuel dans la Marine

Merci à Osez le féminisme pour l’alerte : Remise en cause de la loi sur le harcèlement sexuel : un recul scandaleux pour la lutte contre les violences faites aux femmes !
Le conseil constitutionnel a annoncé ce matin l’abrogation de l’article 222-23 du code pénal qui définit le harcèlement sexuel « Le fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. », au motif que cette notion serait floue et anticonstitutionnelle. C’est d’autant plus préoccupant que le Conseil constitutionnel vient en effet de donner raison à un ancien responsable politique, Gérard Ducray qui, Secrétaire d’État au Tourisme puis député du Rhône, a été condamné en appel en 2011 pour harcèlement sexuelà trois mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende : le symbole est fort, hélas ! (…)

Dans les pages web du Figaro : La loi sur le harcèlement sexuel abrogée
Les procédures en cours sont aujourd’hui sans valeur, même si le harcèlement sexuel reste proscrit par le code du travail. Le Conseil constitutionnel a estimé que le texte manquait de précision. (…)

Chez l’Express en ligne : Rayer le harcèlement sexuel du code pénal, « c’est un message d’impunité »
Le Conseil constitutionnel a abrogé le délit de harcèlement sexuel. Une décision que regrette amèrement l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail. Le point avec Laëtitia Bernard, juriste chargée de mission.

 

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4 mai 2012 : Médecins suisses et téléphonie mobile.

Une information relayée par Robin des Toits

Téléphonie mobile: 1 500 médecins suisses demandent des valeurs limites plus strictes – 22/03/2012

Communiqué de presse des Médecins en faveur de l’Environnement (MfE)

Bâle, le 22 mars 2012

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) considère les ondes issues de la communication sans fil comme «éventuellement cancérigènes». Selon le CIRC, le risque de cancer pour ce type de rayons est donc similaire à celui de l’insecticide DDT, interdit à juste titre. Les Médecins en faveur de l’Environnement (MfE) constatent avec inquiétude que les valeurs limites censées protéger la population suisse – et notamment les groupes vulnérables comme les enfants et les femmes enceintes – constituent une protection insuffisante. Dans un courrier envoyé à l’Assemblée Fédérale, les MfE demandent donc l’application stricte du principe de précaution et – au vu du risque de cancer – des valeurs limites plus basses.

Chambres d’enfants, logements, trams ou bureaux connaissent une exposition croissante au rayonnement de sources diverses: babyphones, téléphonie mobile, Wifi, etc. Pourtant les études sont de plus en plus nombreuses à mettre en garde contre les graves conséquences sanitaires de la pollution électromagnétique pour les êtres humains et les animaux.

Cataracte des veaux, maladie d’Alzheimer, cancer… 

Dès 2001, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) considérait que les champs magnétiques issus notamment des lignes de courant pourraient être cancérigènes. Et une étude suisse de 2008 postule un risque plus élevé de contracter la maladie d’Alzheimer pour les riverains des lignes à haute tension. D’autres études portant sur le risque de tumeur cérébrale établissent également un risque plus élevé pour cette pathologie en cas d’usage du téléphone portable. C’est pourquoi le CIRC, rattaché aux Nations Unies, considère en 2011 que les ondes de téléphonie mobile sont «éventuellement cancérigènes». Et l’Université de Zurich établit en 2012 une prévalence dix fois plus élevée de la cécité de naissance (cataracte) des veaux pendant la durée d’exploitation d’une antenne relais installée sur une étable.

Stricte application du principe de précaution, abaissement de valeurs limites 

«D’un point de vue médical, il est urgent d’imposer le principe de précaution pour la téléphonie mobile, le Wifi, les lignes à haute tension, etc.», constate le Dr Peter Kälin, Président des Médecins en faveur de l’Environnement. La Chambre médicale autrichienne vient d’ailleurs de formuler la même exigence à propos des compteurs intelligents («smart meters»). Dans un courrier du 16 mars 2012 au Conseil Fédéral et à l’Assemblée Fédérale, les Médecins en faveur de l’Environnement demandent de diviser les valeurs limites par dix. Et le Dr Yvonne Gilli, conseillère nationale, a repris les revendications des MfE en demandant au Conseil Fédéral, s’il est disposé à protéger la population, à appliquer le principe de précaution et à abaisser les valeurs limites.

Contact :

Dr Martin Forter, Bâle, directeur MfE : 061 691 55 83

Dr en médecine Peter Kälin, Leukerbad, président MfE : 027 470 21 77

Le courrier à l’Assemblée Fédérale et l’intervention parlementaire d’Yvonne Gilli sont disponibles en allemand sur www.aefu.ch..

Fondée il y a 25 ans, l’association des Médecins en faveur de l’Environnement (MfE) regroupe environ 1500 médecins en Suisse.

Médecins en faveur de l’Environnement (MfE) case postale 4013 Bâle 061 322 49 49 info@aefu.ch www.aefu.ch

Précédents Robin des Toits dans les pages du journal : http://heleneduffau.unblog.net/?s=robin+des+toits

 

 

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